The Europeans : un débat européen pour une UE performante !
Nous regardons le monde à travers des « lunettes » différentes. Celles-ci sont souvent influencées par des points de vue nationaux et leurs intérêts supposés. En effet, les médias, les grands journaux ou les chaînes de télévision s’inscrivent dans un contexte national, qu’il soit politique ou économique. Le débat au sein de l’Union européenne en pâtit. En effet, il se déroule principalement dans 27 « bulles » nationales et non dans une « bulle » européenne commune. Une partie non négligeable des citoyens européens se laisse ainsi monter contre le pays voisin ou l’intégration européenne en soi. Les « entrepreneurs » politiques et les aventuriers de l’extrême droite et de l’extrême gauche profitent des débats nationaux et les attisent à leur propre avantage. Cela représente un grand danger pour le présent et l’avenir des Européens.
Et c’est là une première raison pour laquelle un groupe appelé The Europeans (1) s’est constitué. Ses membres souhaitent promouvoir une vision européenne des défis actuels et de leurs solutions. Car le débat européen serait à la traîne par rapport au degré d’intégration. Les fondateurs de The Europeans rejettent « l’opposition systématique des intérêts européens et nationaux » et veulent montrer « qu’ils convergent beaucoup plus dans de nombreux domaines qu’on ne le pense ». (4) Cela vaut surtout pour les questions de souveraineté technologique, de défense ou d’énergie, où une approche européenne permettrait plus d’efficacité et de poids. À court terme, les intérêts nationaux sont peut-être contraires à ceux de l’Europe, mais à long terme, ils ne le sont pas.
Et comme la pression européenne venant de la base, c’est-à-dire des citoyens, fait défaut, la prise de décision au niveau européen prend trop de temps et ne débouche souvent que sur des solutions timides. The Europeans illustrent ce point en prenant pour exemple la réunion informelle d’acteurs européens qui s’est tenue au château d’Alden Biesen, en Belgique, en février. « Tous partent du même diagnostic : le statu quo est un échec. L’Europe croît trop lentement, investit trop peu et dépend trop de puissances extérieures en matière de sécurité, de technologie et de prospérité. Là où leurs divergences sont – clairement – les plus marquées, c’est au niveau des priorités, des instruments et des approches politiques. » (3) Pour ne citer qu’un exemple, la France, compte tenu de la situation géopolitique, mise sur les Euro-obligations et la préférence accordée aux entreprises implantées en Europe dans les marchés publics. L’Allemagne et l’Italie, en revanche, ont mis l’accent sur le renforcement de la compétitivité.
The Europeans veulent une action politique européenne forte, qui aille au-delà des compromis de forme et des reports indéfini. L’Europe doit affirmer sa position dans le monde. C’est pourquoi ils souhaitent offrir plus que des analyses, des prises de position et des interviews indépendantes. En tant qu’Européens, ils sont concernés, ils ont « un intérêt direct dans l’affaire ». Ce sont des activistes politiques qui espèrent créer une communauté autour de leur média et diffuser ainsi leurs idées parmi les Européens. Le site web doit donc être publié dans d’autres langues. (4) De cette manière, The Europeans (comme beaucoup d’autres initiatives) peuvent contribuer à l’émergence d’une société civile européenne – condition préalable à une démocratie européenne. À cet égard, on ne peut que souhaiter du succès aux créateurs de The Europeans.
Mais malheureusement, on ne sait pas encore qui sont les personnes derrière ce projet. On ne peut que spéculer. Il s’agit probablement de personnes qui occupent un poste dans une institution européenne et qui connaissent très bien la politique européenne et ses insuffisances. Elles savent ce qui est en jeu. Des propos critiques pourraient leur causer des problèmes professionnels (tout comme un employé d’un ministère ou d’une entreprise ne peut s’exprimer publiquement sur la ligne politique de son institution). Il manque pour l’instant des mentions légales avec adresse et interlocuteur ; seule la mention « ASBL » laisse supposer qu’il s’agit d’une « association sans but lucratif » luxembourgeoise. (5) On peut au moins se demander si une communauté peut se former autour de ces contenus de cette manière, et il reste à voir.
Margit Reiser-Schober
Une erreur dans le contenu ? Une erreur dans la traduction ? – eurolandpost (at) gmx.eu - traduit avec deepl
- Webseite The Europeans
https://the-europeans.eu
- Kritik: Why we exist
https://the-europeans.eu/vision-for-the-europeans/
- Drei Sichtweisen europäischer Akteure – plus Draghi – vor dem informellen Gipfel am 12. Februar in Schloss Alden Biesen, Belgien
https://the-europeans.eu/three-visions-for-europe-ahead-of-the-february-summit/
- Antwort auf eine Anfrage der Eurolandpost an The Europeans
- https://guichet.public.lu/de/citoyens/loisirs/milieu-associatif/engagement-benevole/creation-asbl.html